L'autoroute de la mer Nantes-Gijón suspend son activité

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La ligne reliant Nantes Saint-Nazaire au port espagnol de Gijón suspend ses services à compter du 18 septembre 2014. Quatre ans après sa première rotation, l'autoroute de la mer se met sur la touche pour raisons financières.

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Déjà, le jour de l'inauguration de la liaison franco-espagnole en 2010, des mouvements sociaux ont perturbé la cérémonie. Aujourd’hui, l'autoroute de la mer Montoir-Gijon s’arrête pour des raisons financières.   Malgré les initiatives de Louis Dreyfus Armateurs de développer l’offre commerciale, la ligne n’a pas trouvé son équilibre financier. Fin de partie ? Non, rétorque l’armement qui demande un temps mort pendant que les négociations sur le maintien de ce lien avancent.  

Les efforts de Puertos del Estado   En Espagne, depuis plusieurs semaines, Puertos del Estado, l’organisme officiel dépendant du ministère de l’Équipement, qui a la tutelle des ports de commerce espagnols, est mobilisé pour tenter de sauver la première ADM franco-espagnole.   "Il n’y a pas d’éléments objectifs pour affirmer que la ligne est dans une situation de faiblesse économique", a indiqué le président de Puertos del Estado, José Llorca. L’autorité portuaire de Gijón, le gouvernement régional des Asturies, la municipalité de Gijón ainsi que les acteurs économiques locaux lui ont emboîté le pas.  

Les espoirs espagnols reportés sur la 2ème ligne   Les milieux professionnels du maritime sont plus sceptiques et ne se font guère d’illusions sur la survie du projet sans subvention publique. D’autant que la fin probable de la première ADM franco-espagnole intervient alors que la deuxième, entre Vigo et Nantes Saint-Nazaire, devrait être mise en route par Suardiaz au cours des prochains mois, en prenant appui sur le contrat de transport d’automobiles et de pièces du groupe PSA, signé avec Gefco. Suardiaz a commencé à prospecter les clients de la première ADM.   Mieux encore, certains utilisa­teurs de celle-ci, en particulier des fabricants d’ardoise de Léon, ont commencé à utiliser le navire en service actuellement entre Vigo et le port français.   L’échec de la première ADM rend les Espagnols prudents. "Le remplissage de la deuxième ADM n’est pas acquis : cela reste un pari car la situation économique est délicate", affirme un logisticien espagnol. Si l’économie espagnole connaît une reprise qui alimente les importations, les exportations ont tendance à s’essouffler. Or ce sont les expéditions depuis l’Espagne qui ont assuré la majorité du trafic de la première ADM.

Montoir-de-Bretagne perd un tiers du trafic roulier

 

Dans l’estuaire de la Loire, le constat est amer. "Un sale coup qui mériterait d’être évité", estime Charles Génibrel, président de l’Union maritime Nantes Ports, qui avait porté le projet d'ADM. Pour Philippe Bourdaud, un des dirigeants locaux de la FNTR, "cela va faire un trou à Montoir"[...]   Pour le moment, l’arrêt de Montoir-Gijón, c’est un tiers du trafic roulier qui disparaît de Montoir. La perte de recettes pour le port est d'1 M€ par an. Les emplois directs en jeu sont estimés à une vingtaine, essen­tiellement chez Manocéan, le manutentionnaire (27 salariés). Mais il se refuse à envisager toute modification d’effectifs, compte tenu par exemple de la montée en puissance programmée de la ligne Montoir-Vigo...  

> Lire la suite dans le JMM n°4945 (accès abonnés)       Hubert Heulot